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Cinéma

Le MacGuffin

Le Macquoi ?

 

Que vous le vouliez ou non, vous avez probablement déjà rencontré un "MacGuffin", non pas dans un restaurant de fastfood mais au cinéma. Le terme "MacGuffin" a été inventé par Alfred Hitchcock pour qualifier un procédé narratif existant depuis bien longtemps au cinéma.


Pour faire simple, un MacGuffin c'est l'objet qui permet au narrateur de faire avancer son histoire en faisant agir les personnages mais qui en soit est totalement inintéressant. 

Hitchcock disait : " C’est extrêmement important pour les personnages du film, mais sans aucune importance pour moi, le narrateur. "

 

Dans une interview, Hitchcock expliquait également sa vision du concept de MacGuffin ainsi : " Le MacGuffin est ce que les espions recherchent, mais le public s'en fiche. " [" The MacGuffin is the thing that the spies are after but the audience don't care. "]

 

 

Quant à l'origine de ce terme aux sonorités écossaises, Hitchcock l'expliquait ainsi en 1939 lors d'une conférence à l'université de Columbia à New York :


Deux voyageurs se trouvent dans un train en Angleterre. L'un dit à l'autre :

" Excusez-moi Monsieur, mais qu'est-ce que ce paquet à l'aspect bizarre qui se trouve au-dessus de votre tête ?
- Oh, c'est un McGuffin...
- A quoi cela sert-il ?
- Cela sert à piéger les lions dans les montagnes d'Ecosse.
- Mais, il n'y a pas de lions dans les montagnes d'Ecosse !
- Alors, il n'y a pas de McGuffin ! "

 

 

Besoin d'exemples pour y voir plus clair ?

 

Parmi la foulitude d'exemples que l'on pourrait citer, le premier qui vient en tête est l'attaché-case du film Pulp Fiction de Quentin Tarantino : on retrouve cet objet tout au long du film, passant de personnage en personnage et diffusant sa lumière dorée quand on l'ouvre. Que contient cet attaché-case ? Qu'est-ce qui peut bien émettre cette lumière dorée ? On ne le saura jamais et c'est tant mieux.

 

Besoin d'un autre exemple ? Que ce soit dans Indiana Jones et la dernière croisade de Steven Spielberg, dans Sacré Graal des Monty Pythons ou dans Da Vinci Code de Ron Howard, l'intrigue du film se centre sur la recherche du MacGuffin ultime : le Saint Graal. Là encore, ce qui compte le plus dans ces films, c'est la recherche de l'objet en elle même plutôt que sa découverte. D'ailleurs à la fin d'Indiana Jones, le Graal est finalement détruit : quand un MacGuffin a accompli son but, faire avancer l'histoire, peu importe s'il reste ou non dans le récit.

 

Un MacGuffin est donc la plupart du temps un objet : le faucon maltais dans Le faucon maltais de John Huston, le tapis dans The Big Lebowski des frères Coen, l'anneau dans Le seigneur des anneaux de Peter Jackson, le pendentif "le Coeur de l'Océan" dans Titanic de James Cameron, les lettres de transit dans Casablanca de Michael Curtiz, ...

 

Cependant un MacGuffin peut également être un personnage comme c'est le cas dans Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg où le MacGuffin est sans surprise le soldat Ryan lui-même ou encore dans Star Wars de George Lucas avec R2D2. George Lucas avait d'ailleurs une conception différente du MacGuffin. Pour lui, un MacGuffin a une place à part entière dans le récit, il n'est pas inintéressant comme l'avait conceptualisé Alfred Hitchcock.

 

Alors, la prochaine fois que vous regarderez un film, saurez-vous repérer le MacGuffin ?

 

                                                                                                                                                                            Ange

 

 

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Musique

Bashung est mort

Hommage à un grand artiste disparu il y a 10 ans...

 

Aujourd’hui Bashung est mort. Ou peut-être hier. Je ne sais plus.

 

La nuit a été épouvantablement menteuse. Cette nuit, un résident de la République a disparu des radars. D’ici à Ostende, à perte de vue, un apiculteur s’est noyé dans ses volutes. Et moi, je malaxe nerveusement un Xanax du bout de mes doigts. J’ôte mes bijoux et plonge mes mains dans l’eau saumâtre d’un lavabo. Au loin, vibrent les notes d’un tango funèbre. Et pourtant, il se disait immortel, et je l’ai cru, rêvant avec lui des plages de Montevideo.

 

Dans ce monde, les dames rêvent d’un étrange été lorsqu’une légère éclaircie permet une fantaisie militaire. De la fenêtre, on les voit bomber le torse, bomber le torse les volontaires. Au réveil, il me demandait narquois : « je t’ai manqué ? » et me promettait des dimanches à Tchernobyl, quel imbécile ! Et rajoutait : « ose Joséphine, ose tes rêves, ose rêver ».

 

 

Après tant de nuits à l’écouter, à le regarder dormir, à le voir souffrir, puis reconstruire sa vie comme un légo qui ne retrouve plus sa place. Sa vie, cette petite entreprise rafistolée au chatterton. Sa vie à passer pour une caravane et à murmurer des mots bleus et des roses aussi, à écumer des vertiges amoureux. Parfois, il m’appelait Suzanne ou Gaby, d’autres encore Soie, Bijou et même Samuel, une fois. « Les petits enfants aiment les grands voyages », disait-il jusqu’à ce jour où il n’a plus rien dit. Je savais qu’aucun express ne l’emporterait, qu’aucun Valhalla n’aurait la bonne envergure pour l’amener où il est désormais.

 


Après ma nuit de garde, j’ai regardé les gouttes de pluie dégouliner comme une danse sur la vitre du bus qui me ramenait dans ma banlieue. Mon regard toujours sur la ligne blanche. J’ai tourné doucement la clef dans la serrure, posé mes affaires, enlevé mes chaussures. Dans la salle de bain, j’ai brossé mes dents, mais n’ai pas allumé la radio. Je savais trop bien ce qu’on allait dire. Alors, au lieu d’aller me coucher, j’ai fouillé dans le tiroir de la cuisine à la recherche d‘un vieux paquet de cigarettes, un de ceux où ne figurent pas d’horribles images d’organes malades et j’ai fumé pour oublier tous ceux qui boivent et j’ai envoyé la fumée sur un poster de lui en me disant que je mangerai bien un peu de tarte aux pommes, avec juste un petit verre de rhum, j’ai fini par m’endormir la tête entre les mains.

 


Ce matin, un petit café, pas de cigarette. J’ai allumé la radio et sa voix a fait couler des larmes sur mes joues. Elles ont coulé comme jamais. Comme elles n’avaient pas pu couler cette autre nuit, c’était hier, c’était il y a dix ans. Je ne sais plus. La nuit où j’ai fermé ses beaux yeux bruns bordés de cils presque féminins. Depuis, j’oublie. J’oublie son corps décharné sur ce lit médicalisé et les sourires qu’il m’offrait chaque matin comme pour me rassurer.

 


Aujourd’hui Bashung est mort, ou peut-être hier ou il y a dix ans, je ne sais plus. La radio raconte toujours les mêmes choses et la nuit est toujours aussi menteuse.

 

                                                                                                                                                   Faby

 

 

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